Contrats responsables (Mutuelle pour tous les salariès)-La réforme de la complémentaire santé pour tous plombe la facture des patients

ACCÈS AUX SOINS par C. L B le 24-08-2016 Egora.fr

La réforme de la complémentaire santé pour tous plombe la facture des patients

L’association Soins coordonnés a vivement réagi à la publication, par Le Figaro, des conclusions d’études menées par des courtiers en assurance,  soulignant l’alourdissement conséquent du reste à charge pour les patients lié au plafonnement des remboursements dans le cadre de la réforme des contrats responsables pour tous. 

A cause de la réforme des contrats dits « responsables » (plus de 90% du marché) les mutuelles ne peuvent plus prendre en charge autant qu’avant la facture du médecin. Elles ne peuvent plus rembourser les honoraires des médecins libéraux pratiquant des dépassements que dans la limite d’une fois le tarif conventionnel. La ministre de la Santé a fait le pari que cette réforme fera baisser par ricochet les tarifs des médecins de secteur 2.

Une article, publié dans Le Figaro la semaine dernière prenait l’exemple d’un gynécologue  qui demande en moyenne, dans les grandes villes, 72,05 euros pour une consultation, le patient, qui n’avaient souvent rien à payer avant, doit désormais débourser 16,05 euros, a relevé le courtier Gerep. La facture atteint des sommets en chirurgie, où les actes sont plus lourds et donc plus coûteux qu’ailleurs. Là aussi, les remboursements sont plafonnés comme les consultations (à une fois le tarif de la Sécu), alors que les contrats souscrits dans le cadre de l’entreprise remboursaient généreusement ces soins. Il ressort de cas réels observés par le Groupe Henner, un autre courtier en assurance de personnes, qu’une opération de la prostate facturée 3300 euros, prise complètement en charge auparavant, coûte dorénavant 1644,56 euros au patient.

Une situation qui indigne l’association Soins coordonnés. « L’accès aux soins est indubitablement mis en péril par de tels développements qui ne peuvent qu’encourager le renoncement aux soins de populations déjà défavorisées », écrit le Dr Martial Olivier- Koerhet, son président. Il appelle à la construction d’un « nouveau cadre contractuel assurant la valorisation prioritaire et élective des médecins généralistes de secteur 1 des zones démographiquement défavorisées  et la primauté de la solvabilisation des actes aux professionnels qui ne pratiquent pas de dépassements ». Ce qui irait de pair avec le développement de coopérations pluriprofessionnelles.

Après la publication de l’article, Marisol Touraine avait défendu ces contrats responsables.

[Avec Lefigaro.fr]

SYSTÈME DE SANTÉ par A.B. le 02-05-2016 Egora.fr

Contrats responsables : ce sont les patients qui paient la facture

Depuis le 1er janvier, la plupart des entreprises françaises ont appliqué la réforme des contrats de santé responsables. Résultats, beaucoup de français se retrouvent obligés de payer plus cher leurs soins médicaux.

Conçus par Marisol Touraine, l’ambition de ces contrats responsables est de réduire les dépassements d’honoraires des praticiens du secteur 2 en plafonnant le remboursement des complémentaires aux patients. Si les nouveaux plafonds ont bien été institués par la réforme, les dépassements des médecins, eux, n’ont pas forcément décéléré au même rythme.

S’appuyant sur des devis d’actes médicaux réalisés avant le 1er janvier, la Chambre syndicale des courtiers d’assurances (CSCA) a mesuré les écarts du reste à charge des patients. Les surcoûts sont parfois colossaux, surtout lorsqu’ils concernent une hospitalisation.

Par exemple, pour un accouchement par voie naturelle dont le coût est de 1 513,50€, la complémentaire n’a remboursé que 391,87 € pour respecter les nouveaux plafonds. Avec la part remboursée par la Sécurité sociale qui est de 313,50€, cela donne un reste à charge de 808,13€. Le même accouchement, l’année dernière, aurait donné lieu à un remboursement de la complémentaire santé de 1200€, ce qui revenait à couvrir la totalité des frais.

Autre exemple, avec une opération de la cataracte s’élevant à 1471,70€. Le remboursement complémentaire est plafonné à 339,36€, ce qui vaut au patient une surfacturation de 747,44€.

« Nous allons vers une médecine à deux vitesses, regrette Bruno Parenteau, courtier en assurances, membre de la CSCA. Ceux qui ont les moyens paieront pour leurs interventions. Les autres vont les repousser autant que possible. » L’impact sur les dépassements d’honoraires, il n’y croit pas : « Les spécialistes qui pratiquent ces dépassements ont des agendas pleins pour plusieurs années et n’ont absolument pas intérêt à les réduire. Le comble, c’est que la Sécurité sociale ne va pas y gagner 1 €. Le bénéfice revient uniquement à l’assureur, qui va moins rembourser. »

Le ministère de la Santé ne conteste pas quelques dérives mais souligne que« les dépassements d’honoraires supérieurs aux plafonds des contrats responsables ne concernent qu’un patient sur huit et ont vocation à être régulés avec la mise en place progressive de la mesure ». Selon Le Parisien, ce sont 12% qui devront payer des surfacturations pour leurs soins médicaux.

[Avec Leparisien.fr]

ASSURANCE MALADIE ET SÉCURITÉ SOCIALE par S.B. le 17-08-2016 Egora.fr

Remboursements : Marisol Touraine défend ses contrats responsables

En réponse aux accusations du Figaro qui démontre que les contrats responsables ont entraîné de moins bons remboursements pour les patients, Marisol Touraine indique dans un communiqué que la prise en charge par la Sécurité sociale a augmenté et que le reste à charge pour les patients diminue.

Depuis le 1er janvier, avec la mise en place des contrats responsables, les complémentaires santé ne peuvent plus rembourser les consultations médicales au-dessus d’un certain plafond. Elles ne peuvent plus rembourser les honoraires des médecins libéraux pratiquant des dépassements que dans la limite d’une fois le tarif fixé par la Sécu. Dans cet accord, le gouvernement consent, d’un côté, une fiscalité allégée aux assureurs et mutuelles, de l’autre, ces organismes s’engagent à respecter des critères pour faire baisser certains tarifs des professionnels de santé.

Dans un article publié le 16 août, le Figaro affirme que  » la réforme Touraine augmente la facture pour les patients », prenant l’exemple de la chirurgie où « la facture atteint des sommets ».

Dans un communiqué, Marisol Touraine a démenti les accusations du Figaro. La ministre rappelle que « contrairement à certains propos de presse », la prise en charge des Français en matière de santé s’est améliorée, passant de 77,2 % en 2011 à 78 % en 2014.

Marisol Touraine indique également que la part à la charge des ménages, après intervention de l’Assurance maladie et des complémentaires, a diminué : « elle est passée de 9,1 % en 2011 à 8,5 % en 2014 ». Un gain de pouvoir d’achat de plus de 1 milliard pour les ménages, affirme la ministre.

De plus, cette dernière rappelle que les franchises médicales ont été supprimées pour les 1,2 million d’assurés modestes bénéficiaires de l’aide à la complémentaire santé, et que le gouvernement a instauré la prise en charge à 100 % de plusieurs actes (contraception pour les mineures, IVG, etc.).

Par ailleurs, le gouvernement affirme que les dépassements d’honoraires des médecins ont baissé depuis 2012. Alors qu’il était passé de 38 % en 2000 à 56 % en 2011, il est descendu à 53 % en 2015. « Cela tient à la détermination forte du gouvernement et à l’engagement d’un nombre croissant de professionnels dans les contrats d’accès aux soins qui, en échange de la modération des tarifs, permettent de mieux rembourser les patients », explique Marisol Touraine.

Enfin, selon Marisol Touraine, aujourd’hui, seulement 12 % des assurés paient des dépassements allant au-delà des plafonds de remboursements encadrés. « Cela veut dire qu’ils payent des soins à des tarifs qui sont 2, 3 voire 4 fois ceux de l’assurance maladie », précise-t-elle. 

[Avec lefigaro.fr et pourquoidocteur.fr]

SYSTÈME DE SANTÉ par Catherine Le Borgne le 17-12-2014

Reste à charge : le piège des contrats responsables

Nés dans la douleur, après de longues négociations entre l’Etat, l’assurance maladie et les organismes de protection complémentaires (Mutualité, Assurances privées et organismes de prévoyances regroupés dans l’UNOCAM), les décrets sur les nouveaux contrats responsables ont été publiés au journal officiel du 19 novembre dernier. Mis à part au gouvernement, ils ne plaisent à personne.

Ces contrats, qui bénéficient d’une fiscalité allégée, représentent 94 % du marché des mutuelles et assurances privées. Selon l’engagement de François Hollande pris en octobre 2012, ils ont vocation à se généraliser à toute la population active « à l’horizon 2017 », alors que 4 millions de Français n’en bénéficient toujours pas.

Tout le monde doute de leur efficacité

L’innovation tient à ce que le cahier des charges de ces nouveaux contrats, applicables au 15 avril prochain, fixe aux organismes de protection complémentaires un plancher et un plafond de prise en charge obligatoire pour bénéficier de la réduction fiscale (7 % contre 20 % pour les autres contrats). Si le forfait hospitalier de 18 euros doit être intégralement pris en charge, sans limite de durée, les dépassements d’honoraires, pour les actes des praticiens qui n’ont pas souscrit le contrat d’accès aux soins (CAS), doivent se limiter à 125 % du tarif sécurité sociale, puis 100 % en 2017. S’agissant de l’optique, six niveaux de planchers et de plafonds ont été fixés selon les degrés de correction, oscillant de 470 euros maximum pour des lunettes à simples foyers à 850 euros au maximum pour des verres multifocaux.

Or, le moins que l’on puisse dire, c’est que cette innovation souhaitée par le gouvernement dès son arrivée au pouvoir, n’enchante pas les principaux intéressés. Tout le monde doute de l’efficacité de ces contrats pour solvabiliser l’accès aux soins et faire baisser le niveau des dépassements d’honoraires et les prix de l’optique. Médecins, patients et enfin, mutuelles et assurances font la grimace, voire fulminent, lorsqu’on évoque ces nouveaux contrats qui devraient se généraliser à toute la population active.

« Qui parle de simplification administrative ? C’est une complexification que l’on nous propose, les patients ne vont pas s’y retrouver, et c’est sur nous, les médecins, que cela va retomber. Les médecins seront des boucs émissaires, et les mutuelles vont s’engraisser », s’énerve le Dr Jean-Paul Hamon, le président de la FMF. Selon la Mutualité, cette généralisation devrait entraîner un surcoût de 1 % des contrats (170 à 190 millions d’euros), alors que le gouvernement évalue la charge à 0,3 % (30 à 65 millions d’euros).

Des conditions d’extrême opacité

Pour une fois d’accord entre elles, les trois branches de l’UNOCAM ont signé un communiqué où elles ont déploré « l’instauration de multiples niveaux de plafond et de planchers de remboursement prestations santé ». Elles regrettent que le patient soit mis en situation de supporter une évolution de son contrat « dans des conditions d’extrême opacité et d’extrême difficulté de compréhension des garanties offertes. Ce choix va à l’encontre d’une amélioration de l’accès aux soins des Français souhaitée par les complémentaires. » On en peut pas mieux dire.

« Au final, ce dispositif complète la chasse au secteur 2, initiée depuis deux ans. Le mécanisme du contrat d’accès aux soins est un leurre », ajoute Jean-Paul Hamon. Il est sur ce point, à l’unisson de la CSMF. La Confédération elle aussi, déplore que le gouvernement n’ait pas « imposé la solvabilisation généralisée des compléments d’honoraires maîtrisés des médecins signataires du CAS », contrairement à ses engagements. « Alors qu’il prétend faire de l’accès aux soins sa principale priorité, il fait obstacle au développement du principal outil à sa disposition, le CAS, au moment précis où celui-ci commençait à apporter des premiers résultats prometteurs », s’agace la CSMF en pointant une légère décélération du niveau des compléments d’honoraires et du reste à charge des patients. 

« Une façon de mettre le secteur 2 hors jeu »

« Le gouvernement est en train d’écrire une médecine à deux vitesse », surenchérit le Dr William Joubert, tout nouveau secrétaire général du SML. « C’est de la pure démagogie, les salariés vont devoir se payer une surcomplémentaire s’ils veulent avoir le même remboursement qu’avant. Le CAS est un marché de dupes, une prison tarifaire. Il y eu mensonge, lorsqu’on a dit que les dépassements seraient pris à 100 % », s’agace-t-il. Et Eric Henry, le nouveau président du SML d’ajouter, en grinçant, que certaines mutuelles continuent à prendre en charge des actes d’ostéopathie, réalisés par des non professionnels de santé…  « Ces contrats, c’est une façon de se débarrasser du secteur 2, de le mettre hors du jeu », jette-t-il.

Les praticiens à plateau technique lourds du BLOC, ont également donné la charge pour dénoncer l’obligation qui sera bientôt faite aux patients, de souscrire une assurance sur-complémentaire – sans que leurs cotisations du contrat principal diminuent – s’ils veulent être remboursés des frais de santé engagés. Car, selon le BLOC, il est illusoire de penser que les dépassements d’honoraires vont baisser de manière magique, puisque le coût de la pratique, celui des charges professionnelles, de l’assurance RCP, les contraintes de qualité et de sécurité couplés au blocage des honoraires restent les mêmes pour ces spécialités. Cet élément sera l’un des moteurs des praticiens de bloc, lors de la grève qu’ils observeront avec les cliniques de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP), à partir du 5 janvier. 

Surcomplémentaires beaucoup plus chères 

Obligation de souscrire une surcomplémentaire ? C’est en tout cas la conclusion des assurances privées, qui se livrent depuis quelques mois à une véritable bataille médiatique, particulièrement sur les ondes, pour capter une clientèle de classe moyenne sensible, dans les grandes villes et les régions à forte proportion de praticiens en honoraires libres, comme l’Ile de France, Rhône-Alpes ou PACA. Car les surcomplémentaires, qui ne bénéficient pas de l’allègement fiscal seront beaucoup chères et pèseront sur le budget des ménages.

Mais à la Mutualité Française, on réfute ces arguments et le lobbying qui va avec. A l’inverse, Etienne Caniard, le président de la FNMF, considère que les plafonds de prise en charge sont bien trop élevés. « Nous sommes satisfaits que les pouvoirs publics aient fixé un plafond maximum, explique-t-on dans l’entourage du président. Mais nous regrettons qu’il soit aussi élevé ! Il peut y avoir un effet inflationniste sur les cotisations, au lieu d’une régulation des prix ».

La Mutualité s’appuie sur des statistiques démontrant que le seuil fixé par le décret, (125 % du tarif sécu pendant 2 ans, puis 100 %), est « largement supérieur a la moyenne des dépassements pratiqués par les médecins (80 %, pour les actes en secteur 2), ce qui risque de les tirer à la hausse ». Cette analyse est partagée par Evelyne Guillet, directrice santé au CTIP, qui, sur Mediapart, estime qu’ « afficher réglementairement un plafond de dépassement de 100 % est un mauvais signe donné à de nombreux médecins, qui sont aujourd’hui en dessous ».

Etienne Caniard a déclaré que la Mutualité serait très vigilante, sur le recours aux surcomplémentaires. A défaut de certitudes sur l’avenir, il « observe ».

« Les usagers auront tout perdu ! »

Du côté des patients ? Mêmes doutes et points-de vue mitigés. Magalie Léo, du CISS (Collectif interassociatif sur la santé), note une « démarche a priori positive, car plus les complémentaires remboursent, plus les prix sont élevés, pour l’optique particulièrement ». Mais elle regrette que le gouvernement ait pris l’option de jouer sur le niveau des garanties pour faire baisser les prix, et non sur les prix eux-mêmes. « En ne prévoyant pas de réguler les prix, on pousse le marché à s’adapter. Il est constitué de libéraux, de commerçants. Il s’adapte déjà en proposant des surcomplémentaires, les offres foisonnent et il n’y a pas de raisons que les pratiques de opticiens changent. Si les contrats responsables se traduisent par une perte de garanties ou une augmentation des prix, les usagers auront tout perdu ! »

Le CISS rappelle qu’il nourrit, avec Santé Claire et 60 millions de consommateurs, un observatoire du reste à charge en santé. Et que l’impact des contrats responsables sur l’accès aux soins fera très certainement l’objet d’une enquête dans ce cadre. Dès qu’ils seront mis en place sur le terrain.

ACCÈS AUX SOINS par C. L B le 09-10-2014 egora.fr

Nouveaux contrats responsables : les courtiers dénoncent un alourdissement du reste à charge des familles

Dans un communiqué, la Chambre Syndicale des Courtiers d’Assurances (CSCA) demande au gouvernement le retrait du projet de contrat responsable qui amènerait, à ses yeux, à une aggravation des difficultés d’accès aux soins.

Toutes les familles d’assureurs semblent regroupées contre ce projet de texte. Et à son tour, la CSCA entre dans la danse de la contestation.  La chambre demande le retrait du projet, et la seule définition de minima de couvertures, correspondants à ceux définis dans le récent décret relatif l’accord national interrégime (ANI), du 11 janvier 2013.

Aux yeux de la CNCA, le maintien des plafonds de garantie va complexifier inutilement les schémas de couvertures des entreprises et obliger la plupart d’entre elles à revoir, à la baisse, leurs niveaux de garanties, « avec toute la complexité de procédures que cela implique ».

Ce qui risque  d’amener nombre d’entre elles, « compte tenu de l’insécurité juridique et économique permanente que ces réformes successives font peser sur leurs engagements, à revenir au strict minimum obligatoire ». Et induire une augmentation sensible des restes à charge des familles, « qui ne pourront souscrire aux garanties sur-complémentaires facultatives et ainsi créer une véritable médecine à deux vitesses ».

La CSCA publie une enquête sur les incidences financières d’une application du projet. “Après que le gouvernement ait fait entrer, rétroactivement au 1er janvier 2013, la part de cotisations patronales dans le brut fiscal des salariés, ce texte va majorer singulièrement les sommes restant à la charge des familles après intervention de leur complémentaire santé“, indique la CSCA. Selon cette étude, le reste à charge moyen par famille serait multiplié par 2,5 %.

Le communiqué met en évidence les différences de remboursement selon les régions. “Alors que dans les régimes complémentaires d’entreprises, les “reste à charge” moyens se situent aujourd’hui aux environs de 12 % des dépenses, les chiffres de cette étude projettent pour 2017 une forte évolution de ce ratio : pour un couple avec deux enfants en province le reste à charge se situerait dans une fourchette entre 221 € et 606 € (14 % de reste à charge). Ce chiffre serait en très forte augmentation sur une fourchette située entre 500 € et 1455 € pour une famille identique en région parisienne (27 % de reste à charge).”

La CSCA poursuit : “Plutôt que d’engager des négociations positives et constructives, le gouvernement veut obliger les médecins à limiter leurs honoraires en empêchant les complémentaires de bien les rembourser, augmentant ainsi le reste à charge des assurés. »

« La pression des consommateurs forcerait ainsi les médecins à devenir raisonnables…  C’est un pari insensé et perdu d’avance fait sur la santé des français », conclut la CSCA dans son communiqué.

[Avec news-assurances.com]

Contrats responsables (Mutuelle pour tous les salariès)-La réforme de la complémentaire santé pour tous plombe la facture des patients

Vous attirez les moustiques ? Voici pourquoi !

Vous attirez les moustiques ? Voici pourquoi !

Pourquoi les moustiques ciblent-ils certaines personnes et pas d’autres ? Les scientifiques ont aujourd’hui élucidé cette épineuse question…

Publié le 23/08/2016 à 15:03 | Le Point.fr

http://www.lepoint.fr/sante/vous-attirez-les-moustiques-voici-pourquoi-23-08-2016-2063246_40.php?M_BT=1069023924583&m_i=B6i3xQXh1EmYNU9hAJl9nDzKPzijFUeqfKbmj6yq4HOrF%2B5fL5KO1SmhDCLcyUZGoPHiuUZAoYSs%2BCuhk8Sfsk%2BhM43uB5#xtor=EPR-6-%5BNewsletter-Matinale%5D-20160824

Un moustique (ici l’espèce Aedes aegypti) ingurgite en moyenne 5 milligrammes de sang, soit deux fois sa propre masse ! © USDHHS/ James Gathany

Quiconque a, avec des amis, campé ou marché dans la nature n’a pas manqué de remarquer comment les insectes semblent préférer la chair des uns plutôt que celle des autres. Quelques âmes en peine sont entièrement couvertes de cloques rouges qui démangent et d’autres demeurent miraculeusement épargnées. Parfois, seuls quelques membres d’une famille sont touchés. Ma mère n’a jamais été piquée par un moustique (par contre, elle plaît aux puces…), tandis que mon frère et moi sommes le plus souvent pris pour cibles.

Des observations antérieures ont montré une préférence marquée des moustiques pour les gens gros (ils produisent plus de CO2), les buveurs de bière et les femmes enceintes. Et bien que le régime alimentaire ait été souvent suspecté de jouer un rôle, aucune hypothèse concernant ce que nous mangeons (même l’ail) n’a résisté à un examen minutieux.

Une étude très sérieuse

Les auteurs d’une nouvelle étude, dans PLOS ONE, prétendent avoir trouvé la réponse. Ils ont étudié les différentes formes d’attirance que représentent nos odeurs corporelles vis-à-vis des moustiques. Et plus spécialement de la variété Aedes aegypti, à qui allaient être confrontés en laboratoire de courageux volontaires recrutés au sein d’un groupe de jumeaux de sexe féminin : « vraies » jumelles pour certaines, « fausses » jumelles pour les autres, mais toutes faisant partie de la cohorte des jumeaux britanniques que j’ai initiés il y a 21 ans, la Twins UK Cohort. Utiliser ces deux sortes de jumeaux servait à bien distinguer les effets de l’inné et de l’acquis, ce qui est dû aux gènes et ce qui est produit par l’environnement. Chez les humains, c’est la seule façon d’estimer convenablement la contribution de la génétique dans la différenciation entre les individus.

Nos vaillantes jumelles plongèrent leurs mains dans les deux ouvertures d’un dôme hermétique en plexiglas spécialement conçu, à l’intérieur duquel les odeurs attiraient ou, au contraire, repoussaient 20 moustiques femelles à qui on ne permettait pas de piquer. À chacun des sujets fut attribué un taux d’attirance des moustiques, comparé ensuite à l’autre main, à la seconde extrémité du dôme. Et, comme il fallait s’y attendre, les vrais jumeaux ayant en commun la totalité de leurs gènes ont eu de façon constante des scores plus ressemblants que ceux des faux jumeaux mettant ainsi en lumière un composant génétique évident. Selon cette comparaison, 67 % des différences entre les personnes (ce qu’on a appelé l’héritabilité) sont dues à leurs gènes.

Des odeurs repoussantes

Pourquoi est-ce le cas ? Il y a de nombreuses années, dans une autre recherche impliquant des jumeaux, nous avions prouvé que l’odeur des aisselles perçues par le nez humain avait une base génétique – avec une énorme variation dans la façon dont les senteurs fortes étaient ressenties. Cela démontrait que nous avons des variations génétiques qui nous différencient, contrôlant à la fois les odeurs que nous percevons et les odeurs chimiques que nous produisons. Ainsi, nous ressemblons aux moustiques, qui connaissent également des variations importantes quant aux odeurs naturelles et aux effluves chimiques qui les attirent et les repoussent.

Des espèces différentes de moustiques préfèrent telle ou telle partie de notre corps plutôt que d’autres. L’espèce Aedes gambiae choisit prioritairement les odeurs de nos mains et de nos pieds plutôt que celle de l’aine et des aisselles. Certains animaux utilisent leur senteur corporelle pour tenir les moustiques à distance et, du coup, des groupes industriels ont essayé de détecter quels sont les meilleurs produits chimiques.

Les auteurs de l’étude sur les jumeaux ont compris que les odeurs chimiques pouvaient être générées par des glandes sous notre peau ou bien par des milliards de microbes à la surface. Ils ont éliminé toute provenance bactérienne, car le dogme veut que les bactéries ne puissent pas être influencées génétiquement. Il se trouve qu’ils avaient tort.

Moustiques et microbes même combat !

Nous avons tous des espèces microbiennes particulières et très différentes d’autrui à l’intérieur de notre bouche, dans notre intestin et sur notre peau. Nous partageons juste une petite fraction d’espèces microbiennes les uns avec les autres, mais nous avons cependant une unique empreinte digitale microbienne comme signature. On pensait que cette diversification relevait soit du hasard, soit de l’endroit où nous vivions. Mais des études récentes, utilisant une nouvelle fois les jumeaux britanniques, ont mis en évidence l’importance que possèdent les gènes pour influencer quel type de bactéries intestinales foisonnent en nous – et le phénomène est vraisemblablement similaire en ce qui concerne notre peau.

Nos 100 000 milliards de microbes dépassent nos propres cellules humaines dans la proportion de 10 pour 1. Il se trouve que nous ne les choisissons pas, ce sont eux qui nous choisissent en fonction de notre profil génétique. Cela signifie que, tout comme les moustiques, si certains microbes préfèrent coexister avec nous, d’autres nous trouvent plutôt déplaisants et vont s’installer ailleurs. Nos microbes produisent nombre de nos vitamines et des composants chimiques de notre sang. Loin d’être les méchants, leur diversité contribue à notre santé. Ils sont aussi, probablement, responsables de la plupart de nos effluves et autres odeurs. Même un lavage des mains régulier n’arrive pas à chasser ces bactéries.

Affinités électives

La senteur spéciale que beaucoup d’entre nous ont entre les doigts de pied vient d’une bactérie appelée Brevibacteria linens. Elle est identique à celle qui donne son odeur spécifique au fromage de Limbourg. Pour démontrer qu’il s’agit de la même espèce bactérienne où qu’elle prolifère, une équipe de microbiologiste de l’université UCLA de Los Angeles a réalisé une expérience inhabituelle. Ils se sont mis à fabriquer et à manger du fromage issu de la peau humaine et, selon les rapports, cet aliment gourmet était très goûteux.

Donc, la prochaine fois qu’un moustique vous piquera la cheville, n’invoquez pas le mauvais sort ou votre répulsif bon marché. Pensez plutôt aux processus incroyables d’assortiments que réalise l’évolution, mariant votre mélange de gènes spécifiques avec une communauté particulière de microbes qui se nourrissent de votre peau et produisent un phénomène chimique que seules certaines espèces de moustiques trouvent irrésistible.

*Tim Spector est professeur de génétique au King’s College de Londres

Vous attirez les moustiques ? Voici pourquoi !

Climat : la chimère du 1,5 °C

Climat : la chimère du 1,5 °C

LE MONDE | 22.08.2016 à 06h38 • Mis à jour le 22.08.2016 à 11h38 |

Par Stéphane Foucart

Souvenez-vous : ce fut la surprise des négociations de l’accord de Paris, adopté le 12 décembre 2015. Alors que contenir le réchauffement en cours sous le seuil des 2 °C au-dessus des niveaux préindustriels semble déjà presque impossible, la communauté internationale avait ajouté un objectif secondaire, plus ambitieux encore. Il faut, précise en effet le traité, contenir « l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels », mais aussi poursuivre l’action « pour limiter l’élévation des températures à 1,5 °C » de réchauffement.

Rappelons que les Etats-parties à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques ne se sont jusqu’à présent engagés qu’à des réductions de leurs émissions de gaz à effet de serre mettant le climat terrestre sur la voie d’un réchauffement d’environ 2,5 °C – nous propulsant dans un monde où un été comme celui de l’année 2003 deviendrait relativement banal en Europe. Sauf à imaginer l’émergence rapide et inattendue d’un gouvernement mondial totalitaire d’obédience écologiste, on comprend que cette fameuse cible de 1,5 °C tient au mieux du rêve, au pire de l’aimable supercherie.

Près de 200 chefs d’Etat et de gouvernement auraient-ils collectivement paraphé un fantasme ? Une telle idée est intolérable. Il fallait donc donner de la solidité à cet objectif, l’épaissir un peu, lui donner une consistance. Le ripoliner au sérieux de la science. L’accord de Paris a donc invité le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) à plancher sur la question du 1,5 °C.

Lire aussi :   COP21 : Hollande ratifie l’accord de Paris sur le climat

Déni de réalité

Réuni du 15 au 18 août à Genève, le groupe d’experts, dont les volumineux rapports de synthèse font autorité sur la question climatique, a établi son agenda et ses modalités de travail. Le groupe a annoncé qu’environ 85 experts ont réfléchi aux contours et à la structure du nouveau rapport. Son titre – espérons-le provisoire – a été annoncé : ce sera le « Rapport spécial sur les impacts d’un réchauffement global de 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels et des trajectoires d’émissions mondiales de gaz à effet de serre associées, dans le contexte d’un renforcement de la réponse globale à la menace du changement climatique, du développement durable et des efforts pour éradiquer la pauvreté ».

Tout cela sera présenté et discuté au cours de la prochaine réunion plénière de l’organisme onusien, fin octobre à Bangkok. Des chercheurs compétents seront ensuite appelés à participer à la rédaction du rapport et au travail préalable. Remise de la copie en 2018.

C’est peu de dire qu’on plaint les auteurs d’avoir à se colleter avec une expertise dont la commande constitue, en elle-même, un déni de réalité. Comment imaginer que nous pourrons arrêter le curseur à 1,5 °C, alors que les six premiers mois de l’année en cours pointent déjà, selon la NASA, à 1,3 °C au-dessus des niveaux préindustriels ? On frôle déjà, en 2016, le seuil fixé. Ainsi, sans même compter l’absence de volonté politique au niveau international pour traiter la question climatique, les seules inerties combinées des systèmes économique et climatique rendent clairement chimérique l’espoir de demeurer sous 1,5 °C d’augmentation du mercure.

Quant à en savoir plus sur les impacts attendus d’un tel niveau de réchauffement, est-ce vraiment nécessaire ? Ne suffit-il plus, désormais, de lire les journaux ?

Lire aussi :   Réchauffement climatique : un rapport préconise de relever le prix à payer pour les émissions de CO2

Où est le courage politique ?

Au cours des trois derniers mois, l’hémisphère Nord a vu s’accumuler des événements extrêmes dont les scientifiques savent, avec un haut niveau de confiance, qu’ils sont favorisés par le changement climatique en cours — feux de forêt ici, précipitations extrêmes là. Fin mai, près de 90 000 personnes étaient évacuées de Fort McMurray, au Canada, à la suite d’incendies inédits dans la région. Quant à ceux qui ravagent la Californie — frappée depuis plusieurs années par une sécheresse inédite depuis au moins quatre siècles —, ils ont conduit jusqu’à présent à des évacuations de même ampleur. Sur la Côte est américaine, en Louisiane, près de 20 000 personnes ont dû quitter leur domicile, à la suite, cette fois, d’inondations catastrophiques — provoquées par des pluies si intenses que la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) estime qu’il ne devrait s’en produire de semblables que tous les 500 ans.

Souvenez-vous de l’ouragan Sandy, qui précipita l’Atlantique dans les rues de New York en 2012 : ce genre d’événement est, lui aussi, censé ne se produire que tous les 700 ans…

Les records tombent donc comme à Gravelotte, et pas seulement de ce côté-là de l’Atlantique. En Russie, pendant que la Louisiane tentait de surnager et que la Californie affrontait les incendies, les précipitations les plus fortes jamais observées dans cette région submergeaient les rues de Moscou… Des pluies telles que le cumul des précipitations a été proche du double du dernier record, établi voici… 130 ans. En Chine, en Macédoine, au Soudan, dans le sous-continent indien ou encore en France, des catastrophes alimentées par l’augmentation des températures ont touché cet été, en quelques semaines, plusieurs millions de personnes.

Lire aussi :   Qu’est-ce que l’état de catastrophe naturelle ?

La saisine du GIEC par la communauté internationale, sur l’objectif du 1,5 °C, sous-entend essentiellement deux choses : d’abord, que nous avons encore suffisamment de temps devant nous pour échapper aux effets majeurs du réchauffement. Ensuite, que nous manquons de données scientifiques pour agir. Ces deux sous-entendus sont faux. La réalité est que les responsables politiques cherchent, à nouveau, à s’acheter du temps avec un énième rapport. Ils n’y trouveront ni la clairvoyance ni le courage politique qui leur font défaut.

http://abonnes.lemonde.fr/planete/article/2016/08/22/la-chimere-du-1-5-c_4985913_3244.html

Climat : la chimère du 1,5 °C

Point de vue: 6 raisons pour lesquelles l’éolien est inutile et nuisible

6 raisons pour lesquelles l’éolien est inutile et nuisible

Publié le 23 août 2016

http://www.contrepoints.org/2016/08/23/263573-leolien-inutile-nuisible-6-raisons?utm_source=Newsletter+Contrepoints&utm_campaign=724a9969f7-Newsletter_auto_Mailchimp&utm_medium=email&utm_term=0_865f2d37b0-724a9969f7-113905257&mc_cid=724a9969f7&mc_eid=1611c53f55

L’implantation d’éoliennes en France n’obéit qu’à une volonté idéologique qui profite à quelques affairistes astucieux sans aucun gain écologique, financier ou climatique en retour pour la collectivité.

Par Michel Gay.

Eoliennes By: Jerome Bon 

L’éolien est INUTILE

1/ Inutile, parce que la France produit déjà un excédent d’électricité.

En 2015, la France a exporté 11 % de sa production électrique, le plus souvent pendant les pointes de productions éoliennes qui ne correspondent pas à la demande d’électricité.

Quand la France cherche à se débarrasser d’un excédent d’électricité (dû notamment aux éoliennes), ses voisins qui ont aussi des éoliennes (comme l’Allemagne) ont le même problème au même moment.

2/ Inutile dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Dans notre pays, la production thermique fossile est déjà une des plus basses d’Europe (6,2% seulement du total de l’électricité produite en 2015) et donc les émissions de CO2 sont aussi parmi les plus faibles (autour de 45 grammes par kilowattheure). Cette production fossile minimum doit être conservée, pour pallier les creux des productions éoliennes (et photovoltaïques), notamment lorsque la consommation est importante pendant les nuits froides et sans vent d’hiver, par exemple.

En réalité, l’objectif des partisans des éoliennes n’est pas de remplacer l’électricité d’origine fossile qui émet des gaz à effet de serre, mais la production nucléaire… qui n’en émet pas. Du point de vue de la lutte contre le réchauffement climatique, cet objectif est dépourvu d’intérêt.

3/ Enfin, inutile pour améliorer l’emploi en France

Les éoliennes sont fabriquées en Allemagne, au Danemark et en Espagne. De plus, les équipes de montage viennent surtout de pays de l’Est, sous le régime des travailleurs détachés. La part du travail français est faible.

L’éolien est aussi NUISIBLE

1/ Nuisible au marché de l’électricité en faisant chuter artificiellement les prix de gros.

La production subventionnée des éoliennes en Europe a provoqué un effondrement des cours de l’électricité, et donc des recettes pour financer les futurs investissements. Cette baisse des prix ne profite pas au consommateur / client qui paie les subventions dans sa facture d’électricité. Le jour de Pâques 2016, par exemple, la production éolienne excédentaire a fait chuter le cours de l’électricité sur le marché de gros au dixième du prix garanti par l’État aux producteurs éoliens grâce aux subventions des consommateurs et des contribuables.

2/ Nuisible par son intermittence qui nécessite un couplage avec du gaz ou du fioul.

En France, les éoliennes ne tournent en moyenne sur l’année qu’à 24 % de leur puissance installée. La plupart du temps, elles fonctionnent au ralenti, ou bien les pales tournent à vide sans rien produire, ou elles sont à l’arrêt.

Or, la production d’électricité doit en permanence égaler la consommation sinon le réseau s’effondre. Qui prend le relais ?

En France, les centrales hydroélectriques existantes, ou à venir, ne peuvent pas et ne pourront jamais jouer ce rôle. Seules des turbines à gaz ou à fioul (combustibles importés et polluants), sont suffisamment souples pour être actionnées rapidement.

Les statistiques publiées par le Réseau de transport d’électricité (RTE) indiquent que la puissance fournie par les éoliennes en France varie d’environ 1% (souvent) à 80 % (rarement) de la puissance installée.

Par conséquent, tout pays qui demande à l’éolien une part importante de son alimentation électrique doit créer ou maintenir en parallèle des installations fossiles de secours d’une puissance égale à celle de l’éolien. Ces centrales à combustibles fossiles, peu utilisées, ne seront pas rentables, et donc leurs productions auront un coût élevé. Les exploitants européens de centrales à gaz ont déjà averti les pouvoirs publics qu’ils ne les maintiendraient pas en fonctionnement sans subventions. Si l’éolien devait assurer une part importante de l’alimentation électrique, il y a là un coût caché potentiellement très élevé qui n’est jamais présenté au public.

L’éolien couplé avec le gaz est une fausse énergie propre.

3) Nuisible par ses inconvénients visuels, sonores et financiers pour les habitants proches.

Les éoliennes implantées aujourd’hui en France mesurent jusqu’à 180 mètres de haut en bout de pales. En Belgique et en Allemagne, des engins de 200 mètres apparaissent (soit les deux tiers d’une tour Eiffel). Il en résulte une altération du cadre de vie et une dépréciation des habitations proches. Des décisions de justice ont admis des pertes de valeur allant jusqu’à 40 %.

De plus, ces engins risquent de ne jamais être enlevés. La caution réglementaire n’est aujourd’hui que de 50 000 € par éolienne. Or, le coût d’enlèvement est d’environ 150 000 € par éolienne de 2 MW (le socle de béton restant enfoui). Aux États-Unis, 14 000 éoliennes sont abandonnées et rouillent sur pied.

Accepter un projet éolien c’est donc, probablement, dégrader le paysage et la qualité de vie pour longtemps.

Enfin, les ressources engrangées par les communes sont artificielles. C’est l’ensemble des contribuables et des consommateurs français qui s’appauvrit en finançant les revenus versés aux promoteurs des éoliennes.

La loi transition énergétique de 2015 prévoit le remplacement du tiers de la production nucléaire par des énergies renouvelables à l’horizon de 2025. Cet objectif est une folie, en raison :

  • de son coût monstrueux,
  • de l’insupportable densité d’éoliennes qui en résulterait (il faudrait implanter 22 000 engins de 2 MW supplémentaires, à ajouter aux 6 000 éoliennes de puissances diverses qui existent déjà),
  • de son intermittence qui obligerait à reconstruire des centrales thermiques fossiles pour assurer la continuité de l’approvisionnement les jours (et les semaines) sans vent.

Au nom de quoi ces sacrifices pseudo-écologiques et financiers devraient être acceptés ?

L’implantation d’éoliennes en France n’obéit qu’à une volonté idéologique antinucléaire qui profite à quelques affairistes astucieux sans aucun gain écologique, financier ou climatique en retour pour la collectivité. Son développement inutile et nuisible doit être arrêté.

Point de vue: 6 raisons pour lesquelles l’éolien est inutile et nuisible

Ce n’est pas avec des arrêtés anti-burkini qu’on arrêtera l’islamisme !

Ce n’est pas avec des arrêtés anti-burkini qu’on arrêtera l’islamisme !

lundi 22 août 2016-Par Charles Arambourou

Union des Familles Laïques

http://www.gaucherepublicaine.org/combat-feministe/ce-nest-pas-avec-des-arretes-anti-burkini-quon-arretera-lislamisme/7398318

Au contraire ? Parions que les arrêtés anti-burkinis seront jugés illégaux par le juge administratif, quand il se prononcera sur le fond. Il est donc à craindre que les islamistes et leurs alliés bénéficient demain d’une victoire juridique de plus.

Disons-le clairement : l’UFAL est résolument opposée aux injonctions visant à contraindre les femmes par le corps, qu’elles se prévalent ou non de la religion, même quand elles ne recourent pas à la violence physique, et même si certaines femmes disent s’y plier de leur plein gré. Le burkini et les tenues présentées comme « islamiques » en général sont à ce titre, non pas de simples expressions de la « liberté de religion », mais des ennemis de l’émancipation humaine. Ils doivent être dénoncés et combattus comme symboles d’une offensive politique communautariste dirigée contre l’universalisme républicain : mais par quels moyens ?

Peut-on exiger une mesure juridique d’interdiction chaque fois qu’un comportement nous paraît contraire à nos conceptions de la liberté, de l’égalité, et de la fraternité républicaines ? Non ! Ce serait renier nos principes mêmes. À ce compte-là, puisque les curés d’extrême-droite de la Fraternité Saint Pie X portent la soutane, il faudrait prendre des arrêtés interdisant le port de la soutane… comme celui pris le 10 septembre 1900 par le maire du Kremlin-Bicêtre, annulé par le Conseil d’État (certes, c’était avant la loi de 1905, et il s’agissait de tourner en dérision le concordat). Le ridicule de tels arrêtés n’est pas moindre que celui des tenues dites « religieuses ».

Certes, l’on peut légitimement tenir la liberté de porter une tenue discriminante et claustrante comme moins importante que les libertés républicaines, menacées par les offensives communautaristes, y compris symboliques. Mais toute stratégie de prohibition au coup par coup (qu’elle vienne de la droite réactionnaire ou, malheureusement, de certains républicains de gauche) est contre-productive, car vouée à l’échec juridique. C’est que le problème n’est pas juridique, mais bien politique et idéologique.

La force des islamistes, c’est qu’ils ont deux niveaux d’intervention qui ne se rencontrent jamais : un niveau privé, fait de pressions communautaire et religieuse dans la famille, le quartier, etc., où se déploie toute leur rhétorique patriarcale et liberticide ; un niveau public, où des associations comme le CCIF, s’érigent en gardiens de la liberté et du droit pour disqualifier toute tentative de dénoncer le premier niveau de leur action au nom des droits fondamentaux.

Il faut comprendre qu’ils y sont aidés par le cadre juridique français et international, notamment la jurisprudence : outre notre Conseil d’État, la CEDH (Cour Européenne des Droits de l’Homme) considère la liberté de religion comme supérieure à toutes les autres. Pour eux, le principe d’égalité femmes-hommes n’a ni portée juridique suffisante ni application concrète recevable : ainsi, la liberté d’une seule personne voilée « volontairement » l’emporte sur le droit des femmes en général1.

L’islamisme est donc mis en mesure de retourner le droit contre la République ! Face à lui, une bataille exclusivement juridique est à coup sûr perdante. C’est au niveau de la société civile, dans les rapports privés, qu’il nous faut nous aussi intervenir : car la bataille est politique et culturelle. À force de répéter que la laïcité ne serait pas une « opinion comme les autres », on a perdu de vue que la République ne peut vivre sans l’action des militants armés de leurs convictions laïques et républicaines. C’est à cela également que l’UFAL s’emploie : la rejoindre est plus efficace que n’importe quel arrêté municipal.

  1. Voir l’arrêt de la CEDH SAS c. France, 1er juillet 2014, sur la loi interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public, approuvant la position du Conseil d’État français. []
Ce n’est pas avec des arrêtés anti-burkini qu’on arrêtera l’islamisme !

L’étrange laïcité d’Aurélie, par Stéphane Lavignotte

L’étrange laïcité d’Aurélie, par Stéphane Lavignotte

https://blogs.mediapart.fr/stephanelavignotteorg/blog/160816/letrange-laicite-daurelie

Dans une interview, Aurélie Filipetti défend que la laïcité serait « le maintien des croyances dans l’espace privé« . Réponse. 

Chère Aurélie, chère ancienne camarade au sein des Verts, je m’étonne depuis longtemps de te voir soutenir un présidentiable favorable aux ogm, aux gaz de chiste et au nucléaire. J’ai été encore plus étonné de te voir déclarer dans L’Obs de cette semaine que la laïcité serait « non pas l’organisation de la coexistence des religions dans l’espace public, mais – et c’est trop oublié en ce moment – la liberté de ne pas croire et le maintien des croyances dans la sphère privée« . 

Nous sommes d’accord au moins sur deux points. 

La laïcité n’est pas l’organisation de la coexistence des religions dans l’espace public. D’ailleurs là-dessus – et la remarquable réactions de nos sœurs et frères catholiques et musulmans au meurtre du Père Hamel vient encore de le démontrer – nous nous débrouillons très bien tout seul, sans l’Etat. 

D’accord, bien sûr, sur la liberté de ne pas croire. Mais le « maintien des croyances dans la sphère privée » ? C’est certes une idée tellement commune qu’on entend nombre de politiques la répéter en boucle. Et on vient de voir à Cannes et en Corse ce qu’en font certains… Mais est-elle vraie au regard de notre loi de 1905 qui définit notre laïcité ? Légitime du point de vu de nos fondements juridiques communs ? 

Cela en étonnera sans doute beaucoup mais dans toute la loi de 1905, on trouve une et une seule interdiction de l’expression religieuse dans l’espace public : « Il est interdit à l’avenir, d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelques emplacements public que ce soit, à l’exception des édifices servant au culte, des terrains de sépultures dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions. » (article 28). 

Élever une statue de Jean-Paul II dans l’espace public, attribuer le nom du même personnage à la place devant la cathédrale catholique romaine de Notre Dame à Paris est-ce « un signe ou un emblème religieux » ou l’hommage à une personnalité publique ? Est-ce contraire à cet article 28 ? Non, répondent régulièrement les tribunaux saisis de cette question. 

Mais rien n’empêche de manifester son opposition, comme nous le fîmes il y a quelques années quand ton camarade Bertrand Delanoë eut une telle idée : les déclarations de Wotjila sur le sida ou l’homosexualité invalidaient pour nous une telle dédicace. 

Mais le reste de la loi le dit avec une répétition presque lassante : le culte est une activité publique. L’article 25 précise que « les réunions pour la célébration d’un culte tenues dans les locaux appartenant à une association cultuelle ou mis à dispositions sont publiques. Elles (…) restent placées sous la surveillance des autorités dans l’intérêt de l’ordre public ». Et c’est ce qui autorise les Renseignements généraux à assister aux prêches musulmans – ou aux miens ! 

Et c’est bien parce que c’est public, et non privé, que, selon l’article 34, un ministre du culte qui dans ce cadre aurait « outragé ou diffamé un citoyen chargé du service public » ou aurait « publiquement » prononcé un discours ou affiché ou distribué un texte contenant une « provocation directe à résister à l’exécution des lois ou aux actes légaux de l’autorité publique, ou s’il tend à soulever ou à armer des citoyens contre les autres », risque deux ans de prison. 

Enfin, et surtout il y a l’article 27, qu’il faudrait encadrer et offrir à tous celles et tous ceux – extrême-droite saucisson-pinard en tête – qui instrumentalisaient la laïcité il y a quelques années contre les musulmans du 18ème arrondissement de Paris obligés de prier dans la rue faute de mosquée assez grande. L’article 27 de la loi de 1905 précise : « Les cérémonies, processions et autre manifestations extérieures d’un culte sont réglées en conformité de l’article 97 du Code de l’administration communale. » (le reste de l’article parle de la gestion des sonneries de cloche, c’est dire si c’est interdit…). 

Comme nous le rappellent les processions en Bretagne, André 23 l’homophobe portant une croix sur les contreforts de Montmartre à Pâques, les Marches évangéliques pour Jésus ou les grands rassemblements type JMJ, on a le droit de prier dans la rue dans la mesure où – en gros – les autorités responsables estiment que ça ne trouble pas l’ordre public et ne gêne pas trop la circulation (comme ancienne écolo, j’espère que comme moi tu vois d’un bon œil les initiatives qui bloquent les bagnoles…).

  Étonnantecette tolérance ? C’est le contraire qui serait étonnant : c’est uniquement le respect des textes fondamentaux de la République, et pour commencer…rien de moins que la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 : « Article 10 – Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, mêmes religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi. » 

Cette belle formulation révolutionnaire, la Charte européenne des droits fondamentaux la reprend de manière encore plus explicite : « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites. » 

La « manifestation » des opinions religieuses, par définition, c’est forcément dans l’espace public, si c’est moi dans ma salle de bain tout seul devant ma glace quand je (ne) me rase (pas) en pensant au Paradis et non à l’Elysée, ça n’a pas besoin d’être protégé… 

Au moment des débats sur la loi de 1905, certains ont voulu interdire les processions et les habits ecclésiastiques dans la rue comme certains aujourd’hui – Arnaud Montebourg quand il veut « défendre l’espace public contre les intrusions religieuses » ? – voudraient y interdire le voile sous ses différentes formes et enfermer ces femmes musulmanes dans leurs foyers. Mais à l’époque, les partisans d’Emile Combes ont perdu contre Jaurès et Briand qui nous ont légué cette laïcité qui protège la liberté de croire, la protège des intrusions de l’Etat et parallèlement soustrait l’Etat à la tutelle de toute institution religieuse, l’Etat (mais seulement lui) étant neutre religieusement : la séparation et non la négation. 

Mais tout ça, chère Aurélie, tu le sais. Pourquoi tant de gens, comme toi, très informés assènent des « la laïcité c’est... » avant d’ énoncer des propositions si contraires à la lettre et à l’esprit de 1905 : interdire comme le maire de Cannes des vêtements soi-disant contraires à la laïcité (ça donne quoi une culotte contraire à la laïcité ?), interdire le voile dans l’espace public, à l’université, décider à la place des musulmans qui doit financer leurs mosquées, la langue dans laquelle doivent se faire les prêches (le latin, c’est déjà pris), qui doit présider une fondation qui ne concerne qu’eux, comment doivent être formés leurs imams… ? Ça sent (pas) bon la gestion du rite mahométan dans les départements « français » d’Afrique du nord… 

Tu sembles participer de cette tentation de changer la définition de la laïcité – en faisant croire que c’est la seule qui ait existé – avant de changer la loi. Au modèle de 1905, substituer cette inquiétante « néo-laïcité » défendue par Baroin dans son rapport de 2003 et assumée par lui comme étant « dans une certaine mesure, incompatible avec les droits de l’homme ». 

Cette « néo-laïcité » marque des points dès l’année suivante avec la loi sur le voile à l’école, jusqu’à l’amendement laïcité de la loi travail, mélange d’Emile Combes – pour l’éradication de toute expression religieuse dans l’espace public -, de Napoléon qui échangeait le financement public des cultes contre un autoritaire contrôle policier des croyants et de gestion coloniale des sous-citoyens… 

Mais n’est-ce pas justement cette néo-laïcité qui stigmatise tous les musulmans, stigmatisation dont tu t’inquiètes, et fait les jeux de Daesh et du Front National, frères ennemis dans la création d’un choc des civilisations ? Au contraire du projet de Jaurès d’en finir avec la question religieuse pour passer à la question social, cette « néo-laïcité » substitue le clivage racial au clivage social, exacerbe le premier pour cacher le second. Est-cela l’actualisation de la République sociale ? La politique « de gauche mais réaliste », pragmatique et non idéologique que tu appelles de tes vœux ? 

Effectivement, comme tu le dis, la gauche n’est plus distincte de la droite quand elle applique des politiques économiques néo-libérales, mais elle ne l’est pas plus quand elle promeut une vision de la société proche du néo-bonapartisme de droite. 

En premier lieu elle n’est plus la gauche, et je te parle comme un autre lorrain de naissance issu d’une famille ouvrière, car elle abandonne une deuxième fois un populaire dont de nouveau les croyants, et notamment les musulmans, sont une composante majeure. 

Je voudrais terminer par deux citations que j’espère, en ancienne normalienne, tu apprécieras. 

La première de Bernard Lazare (1865-1903), critique littéraire et journaliste, juif et proche de l’anarchisme, ayant fait éclater l’affaire Dreyfus qui réagissait ainsi à la fureur anti-religieuse d’Emile Combes : « On ne peut pas embêter des hommes parce qu’ils font leur prière ». Ça marche aussi pour les femmes.

La seconde est d’Hannah Arendt. Elle consacre le chapitre II de Condition de l’homme moderne à la question du public et du privé (passionnante préface de Ricoeur) et montre comment cela évolue avec le temps, comment ce qui est privé (par exemple le travail) peut devenir par excellence le public. Les domaines bougent, changent de contenu. Ce qui est valorisé dans l’Antiquité (le public) l’est moins à l’époque moderne : « dans le monde moderne les deux domaines se recouvrent constamment comme des vagues dans le flot incessant de la vie »

Les mouvements féministes et écologistes ont particulièrement défendus combien le privé – les relations de domination, les modes de consommation et plus généralement les modes de vie – étaient politiques et donc sujet du débat dans l’espace public.

Harendt montre la complexité paradoxale du religieux dans le public. D’un côté, la communauté chrétienne, calquée selon elle sur un fonctionnement de famille l’empêche d’instaurer un domaine public ; de l’autre le principe de charité qui en naît est le seul principe qui dans l’Histoire arriverait à maintenir la cohésion d’une collectivité surtout dans la société de masse « dont les membres ne s’intéressent plus au monde commun... ». 

Chère Aurélie, plutôt que de relancer une nouvelle guerre des deux France, de développer une vision policière de l’espace public qui rappelle de bien mauvais souvenirs au protestant que je suis, n-y-a-t-il pas urgence à engager le dialogue et à unir dans le combat pour des « causes communes » comme dirait Edwy Plenel, celles et ceux croyant au ciel ou n’y croyant pas ? 

Ensemble, nous pourrions nous retrouver au service de ce qu’Hanna Harendt appelle charité, et que toi et moi actualiserions sans doute ensemble sous le terme d’une justice sociale, sociétale et environnementale inclusive ? N’est-ce pas l’urgence pour reconstruire un « monde commun » ? »

Stéphane LAVIGNOTTE

L’étrange laïcité d’Aurélie, par Stéphane Lavignotte

Défections, retours et prises de guerre

Défections, retours et prises de guerre

Le Monde 24 Août 2016

Isolé en 2013, le président du parti Les Républicains a enregistré ces derniers temps une vague de ralliements

Arcachon, septembre  2013. Brice Hortefeux fait grise mine. Un an après l’échec du président sortant à la présidentielle, les cadors de l’UMP ont décidé de bouder le rassemblement des Amis de Nicolas Sarkozy, réunis dans cette ville de Gironde à l’occasion de la rentrée politique. Alors que François Fillon vient de réussir une démonstration de force en rassemblant près de 80 parlementaires dans son fief de la Sarthe, les sarkozystes, eux, comptent les absents.

Seule une poignée de fidèles ont répondu à l’appel, tels Nadine Morano, Henri Guaino ou Guillaume Peltier. Mais le gros des troupes a tourné le dos à celui qui a mené son camp à la défaite et reste retranché dans sa retraite. Masquant mal leur inquiétude, les sarkozystes tentent de positiver, en assurant que  » tous les barons reviendront en courant «  le moment venu.

Trois ans plus tard, leur prédiction s’est en partie réalisée. Très isolé en  2013, M.  Sarkozy est désormais bien entouré, au moment d’annoncer sa candidature à la primaire à droite pour la présidentielle de 2017 dans un nouveau livre, Tout pour la France (Plon), qui doit paraître mercredi 24 août. Depuis son élection à la présidence de l’UMP – devenue depuis Les Républicains (LR) – en novembre  2014, plusieurs ténors du parti l’ont rejoint en mettant en sourdine les réserves qu’ils avaient pu exprimer au lendemain de l’échec de 2012.

Une place au soleil

Le gros des troupes est venu de l’écurie de François Fillon. Les ex-ministres François Baroin, Laurent Wauquiez, Eric Wœrth, Christian Estrosi, Pierre Lellouche et le député des Alpes-Maritimes Eric Ciotti, qui avaient soutenu l’ex-premier ministre face à Jean-François Copé lors de l’élection pour la présidence de l’UMP fin 2012, ont tous rallié M. Sarkozy ces derniers mois. Autres recrues de choix : le patron des députés LR, Christian Jacob, qui a toujours été considéré comme un fidèle de M. Copé, ainsi que le jeune maire de Tourcoing (Nord), Gérald Darmanin, proche de Xavier Bertrand.

Si leur arrivée dans la galaxie Sarkozy a permis de pallier le départ de plusieurs fidèles – tels Nathalie Kosciusko-Morizet, Henri Guaino, Frédéric Lefebvre, Nadine Morano et Geoffroy Didier, qui ont décidé de se présenter à la primaire face à leur ancien patron –, elle n’a pas de cohérence idéologique car les profils de ces élus s’avèrent radicalement différents. C’est notamment le cas pour MM. Baroin et Wauquiez, le duo que M. Sarkozy compte associer pour sa campagne dans le rôle de snipers anti-Juppé. Sur le fond, tout oppose le maire de Troyes, chiraquien modéré, et le président de la région Rhône-Alpes-Auvergne, qui incarne la ligne droitière du parti. Mais, comme les autres récents convertis au sarkozysme, dont le ralliement a été soigneusement orchestré dans les médias par l’équipe du candidat, tous deux ont décidé de soutenir l’ex-président de la République car ils parient sur sa victoire pour se faire une place au soleil lors du prochain quinquennat.

Les nouveaux venus sont convaincus que M. Sarkozy a le plus d’atouts pour l’emporter à la primaire, et qu’ils ont donc plus de chances d’être récompensés en retour. M.  Baroin l’a rejoint dans l’espoir d’atterrir à Matignon, M.  Wauquiez pour obtenir la présidence du parti afin d’en faire une base arrière pour la présidentielle de 2022, et M. Ciotti rêve d’être promu au ministère de l’intérieur. Lors de la campagne, ces élus devront composer avec la garde rapprochée de M. Sarkozy, composée des amis fidèles – tels Brice Hortefeux ou les sénateurs Pierre Charon et Roger Karoutchi – et des conseillers de l’ombre – comme le spécialiste des sondages, Pierre Giacometti, ou celui des questions économiques, Sébastien Proto.

Lieutenants mobiles

Si ses rivaux jugent que l’addition de profils aussi différents ne peut qu’aboutir à une forme de cacophonie, M.  Sarkozy espère en profiter pour conduire une campagne collective en occupant tous les espaces. Confronté à une actualité à la fois imprévisible et dramatique, il souhaite démultiplier sa parole en disposant de lieutenants très mobiles sur les plateaux des chaînes d’information en continu. Chacun aura alors sa mission. Eurosceptique et pourfendeur de  » l’assistanat « , M.  Wauquiez devra convaincre les Français tentés par le FN, tandis que MM. Baroin et Darmanin seront chargés de rassurer les électeurs de droite plus modérés.

Dans le même temps, les députés spécialistes des questions de sécurité, Eric Ciotti et Guillaume Larrivé, martèleront les propositions antiterroristes du candidat. Ce fonctionnement a aussi pour but de ne pas reproduire une des faiblesses de la campagne de 2012 : selon certains de ses proches, M.  Sarkozy avait été trop délaissé. Brice Hortefeux considère par exemple que certains ministres s’étaient faits beaucoup trop discrets au moment de défendre le bilan face à un Parti socialiste mobilisé autour de François Hollande. A l’époque, le chef de l’Etat était apparu entouré d’un dernier quarteron de fidèles, comme un symbole du quinquennat finissant.

Matthieu Goar et Alexandre Lemarié

Défections, retours et prises de guerre